Nous passons en effet d’une indétermination « ce », à une nomination, la « réalité » pour nous rapprocher du pronom personnel sujet redoublé, tandis que l’extérieur, le monde alentours, « hors de moi », n’est plus la position du narrateur mais un environnement dans lequel lui, « moi », s’installe pour en sortir. La fin de la phrase et du poème, par le choix des verbes, « sentir », verbe de sensation, « [être] » par deux fois, permet de poser ce qu’est la poésie pour le poète : lui faire ressentir non seulement l’autre mais « je », comme si, étranger à lui-même, il ne retrouvait son unité psychique qu’à travers elle : « à sentir que je suis et ce que je suis ». En ajoutant simplement l’adjectif « pauvre », le poète nous donne en effet le statut social de la femme, sans qu’il soit mention d’autres éléments dans la pièce pour confirmer ou infirmer cette affirmation. A partir du XIX ème siècle, le vers mesuré et la rime ne constituent plus des critères essentiels de l'écriture poétique. Puis, face à cette poésie, l’écriture de l’autre, qui n’exclut pas une certaine ironie sur elle-même mais s’adresse, épouse l’humain. La fenêtre semble ici comme investie d’une personnalité. - Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? Le « presque rien », englobant et recentrant sur l’ouvrage, part du même procédé : il rappelle la base, le matériau de départ dans sa nudité mais envisage également la multiplicité des combinaisons et démontre les possibilités poétiques, comme s’il s’agissait d’un peintre seul maître du choix de ses peintures (nous entendons ici aussi bien les tubes de peinture que les variations chromatiques) face à l’esquisse sur la toile. Autre indication du statut de cette femme, à mi-chemin entre sa condition physique et sa condition sociale, son isolement, son enfermement, où l’adverbe « jamais » croise par antithèse l’adverbe « toujours » déjà cité. Nous nous trouvons face à une critique d’une poésie qui utilise le pathos pour émouvoir, qui satisfait aux exigences du public mais ne parle, finalement, que du poète, de sa douleur, feinte ou réelle, et de sa position poétique visant à toucher le lecteur. Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Dans cette première phrase, le poème pose ainsi un postulat poétique d’imagination. Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Mais en lui, « dans lui », l’autre mouvement, celui de la « vie », s’étale sur trois propositions, par gradation descendante, une première proposition jouant sur la redondance « vit la vie ». Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », dont la position thématique est d’autant plus forte qu’il complète trois phrases syntaxiques juxtaposées dont le groupe nominal « la vie » est inversé, le mouvement intérieur, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. Where women are not associated in Le Spleen de Paris with inaccessible ideals, they tend to be presented as disappointing travesties of that ideal. Baudelaire consacre un de ses poème du recueil Le Spleen de Paris, dans la section « Tableau parisien » à un objet architectural familier aux multiples déclinaisons esthétiques ou fonctionnelles : la fenêtre qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne puisqu’elle est source de luminosité, de visibilité, de communication, en même temps que frontière entre deux espaces mitoyens souvent antithétiques. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Cette diversité à partir du « rien », devient celle qui permet le tout. La fenêtre, la réflexion du verre, permet l’imagination et la recréation d’un monde. En expliquant qu’il tient ici une « légende », il énonce clairement ce que son récit potentiel peut avoir de poétique, d’inspiré, mais également d’irréel. Dans cette première phrase, le poème pose ainsi un postulat poétique d’imagination. Plus difficile mais plus riche, le regard posé derrière s’apparente aussi à une recherche plus profonde plus féconde. Texte et commentaire, Rabelais, "Pantagruel", extrait du chapitre 8, texte et commentaire, Maupassant, "Une vie", chapitre 6, extrait 2, texte et analyse, Maupassant, "Une vie", chapitre 6, extrait 1, analyse, "Manon Lescaut", extrait II, La Réconciliation, analyse, Montaigne, « De la vanité », Essais, III, 9, une explication linéaire, Ionesco, "Rhinocéros", Acte II, commentaire. Autrui, ainsi, représente le support de la réception émotive poétique que le poète parvient à assimiler pour ensuite l’adresser à cet « autre ». Les Fenêtres par Stéphane Mallarmé - Duration: 4 ... Baudelaire, Les Fleurs du Mal - À une Passante (Commentaire analyse linéaire) - Duration: 15:46. Nous nous demanderons donc, en suivant l’articulation logique du poème par une analyse linéaire, ce que ce poème comporte de singulier dans sa démarche. Prepare the analysis of each poem: Week 4 Modernity • • Baudelaire, "L'albatros" (1857, p.47). For more information on how we use cookies and how to manage cookies, please follow the 'Read … Si nous devinons que derrière la « réalité » se cache la poésie, celle-ci prend la mesure de son importance, elle est ce qui permet à la fois d’adresser et de ressentir, l’autre et soi, de poser l’humain au cœur de sa poésie et de le garder comme tel, humain poète. Il nous délivre ici une définition qui dépasse largement le cadre des normes pour toucher à la présence du Je, de ce qu’il puise par ce qu’il nous donne. • Baudelaire, "Quand le ciel bas et lourd…" (1857, p. 51). Ce que la position externe permet, ce serait ainsi, par retournement, le saisissement de l’interne, du « je » dans ce qu’il a de plus intime. Le choix des verbes joue de la continuité : « voir » revient à apercevoir quelque chose sans y prêter attention, à contempler parfois ; mais observer ce qui « se passe », suppose une agitation, un microcosme de vie derrière la vitre. À l’intérieur du gouffre, du néant, comme à l’intérieur du foyer protégé par la vitre, se jouent donc des traversées, des mouvements, du bruit et de l’action. Nous retrouvons en effet une accroche posée, ce « trou », qui peut également figurer l’abîme de la pauvreté, mais ce serait surtout, par interprétation du lecteur comme du narrateur, bien l’attitude de la femme, son langage corporel « toujours penchée », que nous imaginons courbée sur un ouvrage ou usée par les travaux pénibles, même au crépuscule de sa vie. La phrase débute ainsi par une envolée pour doucement s’achever sur un rapprochement syntaxique et humain : la « chandelle », qui regroupe les hommes autour de la lumière. Le mouvement derrière la vitre, est, lui, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. Que pour voir du soleil sur les pierres, coller Les poils blancs et les os de sa maigre figure Aux fenêtres qu’un beau rayon clair veut hâler, Et sa bouche, fiévreuse et d’azur bleu vorace, Telle, jeune, elle alla respirer son trésor, Une peau virginale et de jadis ! » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?Cette prise en compte du lecteur se retrouve sous une forme plus contrastée dans un dialogue imaginaire où une question rhétorique avec concession «  Le texte de théâtre et sa représentation, Giraudoux, "Electre", Acte I, scène 8, analyse, Montesquieu, "De l’esclavage des nègres", lecture linéaire. L’adresse à l’autre se double en effet d’une empathie, d’un mouvement d’émotions passant du lecteur au poète et du poète au lecteur, nous l’avons mentionné, que nous retrouvons dans cette phrase qui précise par quelle charge affective ce mouvement se conçoit. Le mouvement derrière la vitre, est, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. Ces adjectifs réfèrent en effet à des qualités humaines plus qu’à la solidité ou l’utilité d’un matériau. Lorsque le poète, sur le mode de la vantardise, annonce « j’aurais refait la sienne tout aussi aisément », il signale son indifférence aux canons, à ce qui peut toucher le lecteur plus particulièrement, -puisque seul l’humain compte-, il suggère son talent d’écriture, et lance également une pique vers le poète traditionnel empli d’une mission dont il s’acquitte sans véritable état d’âme. Lecture analytique – Les Fenêtres - Baudelaire D: ce poème parle des fenêtres et de ce qu’elles cachent. • Baudelaire, “L’invitation au voyage” (1857, p. 52-4). Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Il va même au-delà, en  proposant une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique, qui définit la nature et le rôle du poète : c'est un créateur de "légendes", qui prend en charge la misère du monde. Il conviendra ainsi de nous attarder sur cette propension au paradoxe pour nous interroger sur l’art poétique de Baudelaire. La fenêtre ouvre sur un espace autre donné à contempler ou à imaginer. Il semble s’agir là d’un effet de style marquant cette possibilité de choisir un effet plutôt qu’un autre, tout en affirmant la poéticité de l’objet étudié. Analyse linéaire du poème Les fenêtres de Baudelaire. Lisez ce Littérature Commentaire de texte et plus de 247 000 autres dissertation. (3) “Les fenêtres” by Marie Krysinska in Rythmes pittoresques, 1890. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Cette « fenêtre » représente dans notre quotidien le support sur lequel la vue glisse mais ne s’arrête pas. Une dramaturgie subversive ? Que le poète les reprenne ici, cela peut signifier qu’il s’associe à la communauté des hommes mais que par son statut et son travail de poète, il puisse les incliner différemment : « fier », donc ayant accompli quelque chose de l’ordre de l’exploit ou de l’extraordinaire, il projette son savoir sur l’autre dont il a reçu l’enseignement : « avoir vécu et souffert », ce n’est pas tout à fait la même chose que de vivre et souffrir, cela implique une participation active, un participe passé du sentiment. Un éclair... puis la nuit ! Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Ainsi, en quoi ce poème en prose qui décrit un objet apparemment banal : la fenêtre, parvient par l’intermédiaire d’un éloge paradoxal, allégorique et pictural à révéler indirectement une conception de la poésie et du poète ? Le choix du poème en prose et celui de l’objet poétique concerné, la fenêtre, ne sont pas innocents. A partir du XIXe siècle, la poésie s'intéresse aux objets. Il se positionne également, puisque cet anonyme, ce « celui » qui pose un regard différent, ce serait aussi le poète, celui qui permet de transpercer le réel « pour trouver du nouveau », en reprenant ce même Baudelaire Dès le début du poème, le poète affirme ainsi sa position, en tant que témoin extérieur, en tant qu’observateur doué d’imagination, et en tant que poète. L’amorce et la structure syntaxique de la phrase soutiennent cette comparaison puisque le « on » général est utilisé, le déterminant « ce » semblant contenir moins de valeur lorsqu’il est accolé à un déterminant plus englobant, si nous le jugeons à la faveur de l’autre déterminant de même nature, « ce qui se passe ». Réactions et incrédulité en face à face. Interprétation mais également inspiration, puisque le poète énonce : j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». Voici une explication linéaire du poème « Paysage » issu du recueil Les Fleurs du Mal de Baudelaire.. Paysage, Baudelaire, introduction. L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le recueil de poèmes de Baudelaire. Parfum exotique - Charles Baudelaire (1857) - Analyse linéaire I. Présentation de l'auteur et du texte Les Fleurs du Mal, recueil de poèmes écrit par Charles Baudelaire, poète, critique d'art, journaliste et traducteur français du XIXe siècle, publié en 1857. … Notons ici que la vitre, par le jeu de ses prismes, multiplie aussi les points de vue. Mais dans Les Fenêtres, Charles Baudelaire va au-delà : il propose une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique, qui définit la nature et le rôle du poète : c'est un créateur de "légendes", qui prend en charge la … Mais démontre l’usage poétique et la puissance de l’écriture : « légende ». Du dehors vers l’intérieur, solitude de l’homme et au-delà du poètePossibilité de passer d’un monde à l’autre, celui du réel, celui de l’imaginaire. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. à un objet architectural familier aux multiples déclinaisons esthétiques ou fonctionnelles : la fenêtre qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne puisqu’elle est source de luminosité, de visibilité, de communication, en même temps que frontière entre deux espaces mitoyens souvent antithétiques. For an example of a recent study that consistently identifies the prose poem narrator with Baudelaire, see Jean-Luc Steinmetz, ‘Ontoscopie (sur Les Fenêtres)’, in Lire ‘Le Spleen de Paris’, ed. by Guyaux and Scepi, pp. Le poète nous délivre ici une possible définition de la poésie, dans le mouvement empathique, l’inspiration par l’autre, et la naissance d’une voix qui poétise, reprend, anticipe et ressent. Le choix du verbe « apercevoir » suggère le flou porté par la vitre, l’attention plus soutenue que demande l’observation de ce qu’il y a derrière. Et ce qui se joue derrière cette vitre unique s’avère en effet, une nouvelle fois, le centre de l’attention : « toujours moins intéressant » est ce qui se déroule à l’extérieur, dans la facilité d’angle de vue et dans la position confortable de l’observateur. Notons également que toutes ces caractéristiques dévolues à la « fenêtre » ne s’appuient que sur la simple mention de cette dernière, en fin de phrase, suivie d’un resserrement du propos qui restreint et rapproche « éclairée d’une chandelle ». C’est pourquoi les fenêtres sont très apprécié des peintres comme Vermeer avec « La Liseuse à la fenêtre » ou Rembrandt avec « Fillette à la fenêtre ». ne jamais sortir des Nombres et des Êtres! Le choix des termes, « l’histoire », « légende », et la précision marquée par la rectification « ou plutôt » nous orientent en effet vers une subjectivité poétique dont le poète semble se moquer. Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? Son regard se tourne alors vers l’extérieur, embrassant non l’immédiat, mais le lointain reflet dans la vitre, « par-delà des vagues de toits », où le mot « vagues » suggère par métaphore une houle de dispositions disparates, de petits toits aux proportions variables, perceptibles à l’infini, à l’horizon pour reprendre la métaphore. Dans le second cas, c’est la vie même qui se met en mouvement, sans observateur ou avec, qu’importe, en toute indépendance donc. Les structures nominales contenues dans la répétition suivent la progression d’un autre mouvement décentré puis recentré puisque d’un « visage », qui identifie une personne et la singularise, nous touchons au « vêtement », à ce qui se choisit parfois, distingue sans toutefois induire de particularités. Le sujet, dans les deux sens du terme, importe alors peu, il ne s’agit que de revenir vers soi, de s’instituer porteur du poème, de la poésie, de l’émotion : Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément. Nous voyons en effet ici se mettre en place deux structures antithétiques, l’une opposant la « légende » à la « réalité », l’autre plaçant sur le même front d’opposition le « [vrai] » et l’imagination « Qu’importe ». Though he continued to write journalism with some success, he became increasingly depressed and pessimistic. Read "Profil - Baudelaire : Petits Poèmes en prose Analyse littéraire de l'oeuvre" by Michel Viegnes available from Rakuten Kobo. Son balayement suggestif « Qu’importe », suivi d’une action possible mais déniée « peut être », replace ainsi le sujet au centre de sa poétique. Elle est donc à la fois vraie et fausse, souvent à charge émotive ou morale et ne rentre dans les normes littéraires que pour s’en affranchir : du fond commun de l’humanité, elle se transmet par les hommes et pour eux. L’adverbe « aisément » enfin, marque la facilité de l’écriture, facilité qui n’est que d’intention et réfère à un exercice sans doute plus ambigu que cela. Mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». Elle est également, dans la phrase suivante, mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». Le poète est en effet posté à l’extérieur, sa vision s’énonce « du dehors » et sa vision traverse l’élément opaque. Mais à l’inverse de ces peintres, Baudelaire fait une sorte d'apologue paradoxal dans lequel il montre que les fenêtres fermées sont plus intéressantes que les fenêtres ouvertes. A partir du XIXème siècle, le vers mesuré et la rime ne constituent plus des critères essentiels de l'écriture poétique. Que nous apprend cependant le poète quant à ces fenêtres ? A une passante La rue assourdissante autour de moi hurlait. Notons ici le balancement en opposition de la « fenêtre ouverte », avant la coupure marquée par la virgule, avec cette « fenêtre fermée », qui clôt la phrase. Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. Que permettra cette observation alors ? Cette tautologie permet de poser une première évidence, en la nuançant cependant par la suite de la phrase qui, en rythme ternaire, ouvre d’autres possibilités à une vie maintenant personnifiée : la vie « [rêve] », la vie « [souffre] », elle éprouve et ressent comme un être humain. > Baudelaire, Elévation Document envoyé le 18-06-2016 par Françoise Desmaison Lecture analytique du poème étudié dans le cadre de l'analyse de la section Spleen et Idéal des Fleurs du mal pour une classe de bon niveau. Ce recueil de poèmes composé de six parties se présente comme l'itinéraire d'un homme déchiré entre deux aspirations contraires : le spleen et l'idéal, deux termes opposés qui donnent son titre à la. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie, Uniquement disponible sur LaDissertation.com, Analyse d'une poésie La Solitude de Baudelaire, Commentaire du poème L'Albatros de Baudelaire, Analyse De Charles La Fontaine De Sang de Baudelaire, strophe 3 Et 4, Commentaire Du poème L'Albatros de Baudelaire, Explication Du Poème: La Ballade Des Pendus de Villon, Explication du texte L'avarice de La Bruyère, Étude du poème La Muse malade de Baudelaire, Dm n°5 De Français sur les fleurs du mal de Baudelaire, Corrigé de la poésie Le vieux saltimbanque de Baudelaire, Commentaire De Texte sur le poème Le Spleen De Baudelaire, Dissertation explicative sur le poème L'idéal De Baudelaire, Explication sur les fleurs du mal de Baudelaire, SPINOZA Traité Théologico politique Chapitre XX Explication De Texte. Notons qu’il peut être curieux d’apposer dans la même phrase « la légende » à la « [vérité] », en une proximité presque oxymorique. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Il se positionne également, puisque cet anonyme, ce « celui » qui pose un regard différent, ce serait aussi le poète, celui qui permet de transpercer le réel « pour trouver du nouveau », en reprenant ce même Baudelaire . Description élogieuse marquée par la tournure exceptive qui met en valeur l’objet et par la gradation ascendante « plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant ». Notons ici un nouveau mouvement extérieur /intérieur qui part du déterminant possessif « son », pour aboutir au pronom personnel sujet « je ». La fenêtre semble ici comme investie d’une personnalité. Dès le début du poème, le poète affirme ainsi sa position, en tant que témoin extérieur, en tant qu’observateur doué d’imagination, et en tant que poète. Ainsi, nombre de poètes se libèrent des contraintes formelles de la poésie traditionnelle et composent des poèmes en prose Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. L’art semble aisé mais suppose peut-être d’être adressé, porté par l’empathie et l’intérêt, « un pauvre vieux homme » nous indique là aussi qu’il s’agit bien d’une part d’humanité perçue dans le visage de l’autre et que le poète semble seul être à même d’apercevoir. La réponse, dans le poème même, nous offre une nouvelle vision de ce qu’est la poésie, la possibilité de poser un monde d’imagination à partir du réel, ou un réel à partir de l’imaginaire, un mouvement intérieur-extérieur presque semblable à celui qui le lie aux humains. Unique, elle permet le regard, le rapprochement, le poème. Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », le mouvement intérieur, en métaphore, peut-être, de l’inconscient, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. Premium 604 Mots 3 Pages Fleurs Du Mal Elévation BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, III. Explication de texte : « Les Fenêtres » Baudelaire. Pourtant, celle-ci semble distillée dans le poème. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». Le mouvement derrière la vitre, est, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. — Ah! La traversée du verre représente celle de l’ouverture vers l’autre. Ce sont deux façons de contourner l’admissible tout en affirmant sa poétique. À l’intérieur du gouffre, du néant, comme à l’intérieur du foyer protégé par la vitre, se jouent donc des traversées, des mouvements, du bruit et de l’action. Baudelaire attempted suicide in 1845, an attempt to get attention, and … Baudelaire y décrit sa descente aux enfers et son tiraillement entre le spleen et l’Idéal, le sublime et le sordide. Il énonce de fait un paradoxe, en affirmant un point de vue singulier puisqu’un regard externe comme l’indique la locution prépositionnelle « du dehors », permet de traverser l’opacité d’une fenêtre et d’offrir une vision plus sûrement que ne le permettrait une fenêtre ouverte. C'est une vision contrastée et pourtant cohérente du paysage urbain auquel il est très attaché. Le syntagme « tout aussi aisément », par sa tournure soutenue, détonne cependant par rapport au reste du poème, tandis que le choix du temps verbal étonne par sa complexité. La transparence du verre figure le rideau entrouvert sur l’intimité. Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Avec ce commentaire linéaire, nous verrons d’abord l’éloge paradoxal de la fenêtre fermée. La structure en deux temps, centrée sur l’apport du déterminant « ce », déroule une gradation : « sentir » qu’il est, donc éprouver la sensation d’être vivant, savoir qui il est. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Ce vague « quelque chose », tout et rien, reflète l’importance du non-important : peu importe quel objet est ici pris en main, il sera « toujours » lui-aussi dans la concentration du moment et du travail, il est le reflet de la femme en mouvement de la tâche, de l’activité qui ne peut ou ne veut s’arrêter et, par métaphore, de la vie. (2) “Les fenêtres” by Stéphane Mallarmé in Le Parnasse Contemporain, 1863/66. > Les fenêtres de Charles Baudelaire, le poème (...), Nouveau salon littéraire, 12 mai, Paris : L’écrit en relief, revisiter l’écrit grâce au pop-up, Salon littéraire du 21 mai 2016 - Compte-rendu, première partie, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre VII, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre VI, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre V, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre IV, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre III, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre II, "Candide", Voltaire, chapitre 19, Plan de commentaire, "Candide", Voltaire, Chapitre premier, extrait et commentaire, Balzac, "Le Père Goriot", incipit, texte et commentaire, Jean de La Bruyère, Caractères, "De l’homme", analyse, Pascal, "Pensées" – 139. Sensibilité traduit aussi la puissance poétique, peut-être l’ironie. Un « objet », une vitre en l’occurrence, soit ce qui permet de voir au-travers de, se pare d’autres intentions plus proches de la psyché. C’est d’ailleurs ce que dit C’est ce que dit allégoriquement Baudelaire à Dieu dans le dernier vers de l’ébauche d’un épilogue pour la 2e édition des Fleurs du mal : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ». © Tous les textes et documents disponibles sur ce site, sont, sauf mention contraire, protégés par une licence Creative Common Le préfixe [re] nous indique également qu’il s’agit de produire une nouvelle fois, de reproduire donc, ou de réinventer. Nous évoluons ainsi d’une réalité extérieure à une structure interne, sans cesse renvoyé de l’un à l’autre, dans un mouvement qui emprunte la voix de l’autre, ou plutôt son observation, puis celle du poète pour enfin se nicher au cœur de l’intime. Elle représente une assise mais également une énergie de vie, une force qui pousse vers la création plutôt que la mort, même si cette création, en s’inspirant du réel, rencontre la fin. La fin de la phrase, « en pleurant », par le choix du verbe, conforte ce malaise d’une certaine poésie, la positionnant en genre littéraire d’émotions volontairement marquées, une poésie non inspirée par l’empathie du poète mais fabriquée par lui dans le but de se mettre, lui, en avant. One recent article explores the ironic use of voice in one of Baudelaire… Par maryne8  •  18 Novembre 2018  •  Commentaire de texte  •  3 964 Mots (16 Pages)  •  1 447 Vues. — Charles Baudelaire. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. • Baudelaire, “Les fenêtres” (1869, p. 56). Et de revenir sur la poésie, sur ce qu’elle représente, au-delà du lecteur, pour le poète. Notons ici que la vitre, par le jeu de ses prismes, multiplie aussi les points de vue. Contre le néant, le « trou », s’improvise en effet la « vie », donc le plein, le rempli. La contradiction notée, entre « ténébreux » et « éblouissant », renforce cette impression puisqu’il s’agirait ici d’établir une nuance entre deux attitudes possibles, deux attitudes humaines, donc, qui élargissent le champ des comportements. Néant, nous l’avons dit, mais également gouffre, aspiration et mort. poems: (1) “Les fenêtres” by Charles Baudelaire in Spleen de Paris XXXV, 1869. Le regard dérive ce positionnement de l’intérieur vers l’extérieur puisque ce qui est observé « au soleil », sans délimitation stricte, sous un soleil quelconque et dans sa globalité éclairante, s’affine par le prisme du verre, « une vitre », avec déterminant défini, qui recentre l’attention en même temps qu’elle la dirige. 159–66. La fenêtre ouvre sur un espace autre donné à contempler ou à imaginer. Nous entendons ici le reflet d’une critique contre une poésie par trop sentimentale où le poète semble à tel point vivre son poème qu’il ne marque plus la différence entre être de papier et personne réelle. Nous revenons là au décor, à l’accessoire, à ce qui est utilisé par et pour les hommes. Divertissement. Le peu engendre ainsi l’infini des variations, des interprétations et des réécritures. Cette « réalité » et cette possibilité poétique, puisque la « réalité » permet la poésie, -nous l’avons vu en début de poème-, est personnalisée, elle agit et plus encore se révèle un soutien à la mesure de l’homme et comme lui, empruntant le chemin vers l’autre « elle m’a aidé à vivre ».