La contradiction notée, entre « ténébreux » et « éblouissant », renforce cette impression puisqu’il s’agirait ici d’établir une nuance entre deux attitudes possibles, deux attitudes humaines, donc, qui élargissent le champ des comportements. [Rappel de la question et axes] De ce nouveau « tableau parisien » qu’il compose, Baudelaire fait une sorte d’apologue paradoxal où il montre que les fenêtres fermées sont plus intéressantes que les fenêtres ouvertes. Je ne vois qu'infini par toutes les fenêtres, Et mon esprit, toujours du vertige hanté, Jalouse du néant l'insensibilité. Ce qui constitue un élément banal et matériel s’approche, en jouant sur la possibilité de transpercer, de regarder au-travers, de l’âme humaine et de son étude. La fin de la phrase et du poème, par le choix des verbes, « sentir », verbe de sensation, « [être] » par deux fois, permet de poser ce qu’est la poésie pour le poète : lui faire ressentir non seulement l’autre mais « je », comme si, étranger à lui-même, il ne retrouvait son unité psychique qu’à travers elle : « à sentir que je suis et ce que je suis ». For an example of a recent study that consistently identifies the prose poem narrator with Baudelaire, see Jean-Luc Steinmetz, ‘Ontoscopie (sur Les Fenêtres)’, in Lire ‘Le Spleen de Paris’, ed. Mais à l’inverse de ces peintres, Baudelaire fait une sorte d'apologue paradoxal dans lequel il montre que les fenêtres fermées sont plus intéressantes que les fenêtres ouvertes. C’est pourquoi les fenêtres sont très apprécié des peintres comme Vermeer avec « La Liseuse à la fenêtre » ou Rembrandt avec « Fillette à la fenêtre ». Ce que la position externe permet, ce serait ainsi, par retournement, le saisissement de l’interne, du « je » dans ce qu’il a de plus intime. — Charles Baudelaire. Divertissement. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. ... mais en même temps Baudelaire revendique un statut de poète, créateur de son propre monde, tout à fait dépendant, comme s'il voulait reconquérir le monde. Dans cette première phrase, le poème pose ainsi un postulat poétique d’imagination. Avec ce commentaire linéaire, nous verrons d’abord l’éloge paradoxal de la fenêtre fermée. Elle participe alors à la construction d’un espace esthétique, poétique et symbolique et ouvre la voie vers un jeu infini de possibles dialectiques. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Baudelaire attempted suicide in 1845, an attempt to get attention, and … L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le recueil de poèmes de Baudelaire. Cette « réalité » et cette possibilité poétique, puisque la « réalité » permet la poésie, -nous l’avons vu en début de poème-, est personnalisée, elle agit et plus encore se révèle un soutien à la mesure de l’homme et comme lui, empruntant le chemin vers l’autre « elle m’a aidé à vivre ». C’est d’ailleurs ce que dit C’est ce que dit allégoriquement Baudelaire à Dieu dans le dernier vers de l’ébauche d’un épilogue pour la 2e édition des Fleurs du mal : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ». Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie, Uniquement disponible sur LaDissertation.com, Analyse d'une poésie La Solitude de Baudelaire, Commentaire du poème L'Albatros de Baudelaire, Analyse De Charles La Fontaine De Sang de Baudelaire, strophe 3 Et 4, Commentaire Du poème L'Albatros de Baudelaire, Explication Du Poème: La Ballade Des Pendus de Villon, Explication du texte L'avarice de La Bruyère, Étude du poème La Muse malade de Baudelaire, Dm n°5 De Français sur les fleurs du mal de Baudelaire, Corrigé de la poésie Le vieux saltimbanque de Baudelaire, Commentaire De Texte sur le poème Le Spleen De Baudelaire, Dissertation explicative sur le poème L'idéal De Baudelaire, Explication sur les fleurs du mal de Baudelaire, SPINOZA Traité Théologico politique Chapitre XX Explication De Texte. Mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le recueil de poèmes de Baudelaire.• Le résumé et les repères pour la lecture sont suivis de l’étude des problématiques essentielles, parmi lesquelles :– Le poème en prose selon Baudelaire– L’artiste et la société– Le thème de la femme– Fantastique et réalisme– Images et symboles.• Cette tautologie permet de poser une première évidence, en la nuançant cependant par la suite de la phrase qui, en rythme ternaire, ouvre d’autres possibilités à une vie maintenant personnifiée : la vie « [rêve] », la vie « [souffre] », elle éprouve et ressent comme un être humain. Le mot « trou », malgré son apparente banalité et son rendu peu joli, offre une multiplicité d’associations, négatives. Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, so… Contre le néant, le « trou », s’improvise en effet la « vie », donc le plein, le rempli. - Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? À l’intérieur du gouffre, du néant, comme à l’intérieur du foyer protégé par la vitre, se jouent donc des traversées, des mouvements, du bruit et de l’action. Lorsque le poète, sur le mode de la vantardise, annonce « j’aurais refait la sienne tout aussi aisément », il signale son indifférence aux canons, à ce qui peut toucher le lecteur plus particulièrement, -puisque seul l’humain compte-, il suggère son talent d’écriture, et lance également une pique vers le poète traditionnel empli d’une mission dont il s’acquitte sans véritable état d’âme. (diffusion et reproduction libres avec l'obligation de citer l'auteur original et l'interdiction de toute modification et de toute utilisation commerciale sans autorisation préalable). Mais en lui, l’autre mouvement, celui de la « vie », s’étale sur trois propositions, par gradation descendante, une première proposition jouant sur la redondance « vit la vie ». Mais dans Les Fenêtres, Charles Baudelaire va au-delà : il propose une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique. Et ce qui se joue derrière cette vitre unique s’avère en effet, une nouvelle fois, le centre de l’attention : « toujours moins intéressant » est ce qui se déroule à l’extérieur, dans la facilité d’angle de vue et dans la position confortable de l’observateur. The result was an obscenity trial and the banning of six of the poems. Nous nous demanderons donc, en suivant l’articulation logique du poème par une analyse linéaire, ce que ce poème comporte de singulier dans sa démarche. A partir du XIXème siècle, le vers mesuré et la rime ne constituent plus des critères essentiels de l'écriture poétique. La fenêtre, la réflexion du verre, permet l’imagination et la recréation d’un monde. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». La réponse, dans le poème même, nous offre une nouvelle vision de ce qu’est la poésie, la possibilité de poser un monde d’imagination à partir du réel, ou un réel à partir de l’imaginaire, un mouvement intérieur-extérieur presque semblable à celui qui le lie aux humains. Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », dont la position thématique est d’autant plus forte qu’il complète trois phrases syntaxiques juxtaposées dont le groupe nominal « la vie » est inversé, le mouvement intérieur, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. Que pour voir du soleil sur les pierres, coller Les poils blancs et les os de sa maigre figure Aux fenêtres qu’un beau rayon clair veut hâler, Et sa bouche, fiévreuse et d’azur bleu vorace, Telle, jeune, elle alla respirer son trésor, Une peau virginale et de jadis ! Son regard se tourne alors vers l’extérieur, embrassant non l’immédiat, mais le lointain reflet dans la vitre, « par-delà des vagues de toits », où le mot « vagues » suggère par métaphore une houle de dispositions disparates, de petits toits aux proportions variables, perceptibles à l’infini, à l’horizon pour reprendre la métaphore. Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Dans cette première phrase, le poème pose ainsi un postulat poétique d’imagination. Plus difficile mais plus riche, le regard posé derrière s’apparente aussi à une recherche plus profonde plus féconde. Elle est également, dans la phrase suivante, mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». La fin de la phrase, « en pleurant », par le choix du verbe, conforte ce malaise d’une certaine poésie, la positionnant en genre littéraire d’émotions volontairement marquées, une poésie non inspirée par l’empathie du poète mais fabriquée par lui dans le but de se mettre, lui, en avant. L’attention portée au coucher enfin, suggère ce que nous imaginons être une journée de travail chargée, en miroir de celle de la vieille femme couchée sur son fardeau. Notons ici que la vitre, par le jeu de ses prismes, multiplie aussi les points de vue. > Les fenêtres de Charles Baudelaire, le poème (...), Nouveau salon littéraire, 12 mai, Paris : L’écrit en relief, revisiter l’écrit grâce au pop-up, Salon littéraire du 21 mai 2016 - Compte-rendu, première partie, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre VII, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre VI, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre V, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre IV, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre III, Podcast - Bruges-la-Morte, Georges Rodenbach, Chapitre II, "Candide", Voltaire, chapitre 19, Plan de commentaire, "Candide", Voltaire, Chapitre premier, extrait et commentaire, Balzac, "Le Père Goriot", incipit, texte et commentaire, Jean de La Bruyère, Caractères, "De l’homme", analyse, Pascal, "Pensées" – 139. Plus difficile mais plus riche, le regard posé derrière s’apparente aussi à une recherche plus profonde plus féconde. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle.Le statut d’ « objet » de la fenêtre est cependant rappelé, par une affirmation sans concession « Il n’est pas », pour aussitôt lui dédier un rôle majeur, noté par la gradation ascendante « plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant », tandis que se note une contradiction qui donne toute valeur au matériau consacré. La fenêtre semble ici comme investie d’une personnalité. Nous entendons ici le reflet d’une critique contre une poésie par trop sentimentale où le poète semble à tel point vivre son poème qu’il ne marque plus la différence entre être de papier et personne réelle. Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément. Montre plus Guernica Analyse 1643 mots | 7 pages 91 ans) à Mougins en France, est un peintre, dessinateur et sculpteur espagnol, ayant passé l'essentiel de sa vie en France. Le syntagme « tout aussi aisément », par sa tournure soutenue, détonne cependant par rapport au reste du poème, tandis que le choix du temps verbal étonne par sa complexité. Le « presque rien », englobant et recentrant sur l’ouvrage, part du même procédé : il rappelle la base, le matériau de départ dans sa nudité mais envisage également la multiplicité des combinaisons et démontre les possibilités poétiques, comme s’il s’agissait d’un peintre seul maître du choix de ses peintures (nous entendons ici aussi bien les tubes de peinture que les variations chromatiques) face à l’esquisse sur la toile. encrasse D’un long baiser amer les … • Baudelaire, “Les fenêtres” (1869, p. 56). Where women are not associated in Le Spleen de Paris with inaccessible ideals, they tend to be presented as disappointing travesties of that ideal. Il dépasse alors la licence poétique pour appuyer ce que la poésie peut avoir aussi de plaisant comme de faux. Les structures nominales contenues dans la répétition suivent la progression d’un autre mouvement décentré puis recentré puisque d’un « visage », qui identifie une personne et la singularise, nous touchons au « vêtement », à ce qui se choisit parfois, distingue sans toutefois induire de particularités. Et ce que le poète aperçoit alors, c’est « une femme », avec déterminant indéfini, donc une personne sans identité ni histoire, pour le moment. Plus difficile mais plus riche, le regard posé derrière s’apparente aussi à une recherche plus profonde plus féconde. Le regard dérive ce positionnement de l’intérieur vers l’extérieur puisque ce qui est observé « au soleil », sans délimitation stricte, sous un soleil quelconque et dans sa globalité éclairante, s’affine par le prisme du verre, « une vitre », avec déterminant défini, qui recentre l’attention en même temps qu’elle la dirige. Analyse linéaire du poème de Baudelaire : Le crépuscule du matin Les Fleurs du mal, publiées pour la première fois en 1857, constituent une des œuvres majeures de Charles Baudelaire. A partir du XIXe siècle, la poésie s'intéresse aux objets. Notons ici le balancement en opposition de la « fenêtre ouverte », avant la coupure marquée par la virgule, avec cette « fenêtre fermée », qui clôt la phrase. C'est une vision contrastée et pourtant cohérente du paysage urbain auquel il est très attaché. C’est d’ailleurs ce que dit C’est ce que dit allégoriquement Baudelaire à Dieu dans le dernier vers de l’ébauche d’un épilogue pour la 2. : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ». Il se positionne également, puisque cet anonyme, ce « celui » qui pose un regard différent, ce serait aussi le poète, celui qui permet de transpercer le réel « pour trouver du nouveau », en reprenant ce même Baudelaire Dès le début du poème, le poète affirme ainsi sa position, en tant que témoin extérieur, en tant qu’observateur doué d’imagination, et en tant que poète. Le peu engendre ainsi l’infini des variations, des interprétations et des réécritures. Notons ici un nouveau mouvement extérieur /intérieur qui part du déterminant possessif « son », pour aboutir au pronom personnel sujet « je ». Le mouvement derrière la vitre, est, lui, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. Les fenêtres Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Le Spleen de Paris, also known as Paris Spleen or Petits Poèmes en prose, is a collection of 50 short prose poems by Charles Baudelaire.The collection was published posthumously in 1869 and is associated with literary modernism.. Baudelaire mentions he had read Aloysius Bertrand's Gaspard de la nuit (considered the first example of prose poetry) at least twenty times before starting this work. Le choix du verbe « apercevoir » suggère le flou porté par la vitre, l’attention plus soutenue que demande l’observation de ce qu’il y a derrière. Le choix des verbes joue de la continuité : « voir » revient à apercevoir quelque chose sans y prêter attention, à contempler parfois ; mais observer ce qui « se passe », suppose une agitation, un microcosme de vie derrière la vitre. Mais en lui, « dans lui », l’autre mouvement, celui de la « vie », s’étale sur trois propositions, par gradation descendante, une première proposition jouant sur la redondance « vit la vie ». Ce sont deux façons de contourner l’admissible tout en affirmant sa poétique. Nous nous trouvons face à une critique d’une poésie qui utilise le pathos pour émouvoir, qui satisfait aux exigences du public mais ne parle, finalement, que du poète, de sa douleur, feinte ou réelle, et de sa position poétique visant à toucher le lecteur. • Baudelaire, "Quand le ciel bas et lourd…" (1857, p. 51). A une passante La rue assourdissante autour de moi hurlait. A partir du XIX ème siècle, le vers mesuré et la rime ne constituent plus des critères essentiels de l'écriture poétique. Elle participe alors à la construction d’un espace esthétique, poétique et symbolique et ouvre la voie vers un jeu infini de possibles dialectiques. Nous retrouvons en effet une accroche posée, ce « trou », qui peut également figurer l’abîme de la pauvreté, mais ce serait surtout, par interprétation du lecteur comme du narrateur, bien l’attitude de la femme, son langage corporel « toujours penchée », que nous imaginons courbée sur un ouvrage ou usée par les travaux pénibles, même au crépuscule de sa vie. … Mais dans Les Fenêtres, Charles Baudelaire va au-delà : il propose une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique, qui définit la nature et le rôle du poète : c'est un créateur de "légendes", qui prend en charge la … Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? Texte et commentaire, Rabelais, "Pantagruel", extrait du chapitre 8, texte et commentaire, Maupassant, "Une vie", chapitre 6, extrait 2, texte et analyse, Maupassant, "Une vie", chapitre 6, extrait 1, analyse, "Manon Lescaut", extrait II, La Réconciliation, analyse, Montaigne, « De la vanité », Essais, III, 9, une explication linéaire, Ionesco, "Rhinocéros", Acte II, commentaire. Parfum exotique - Charles Baudelaire (1857) - Analyse linéaire I. Présentation de l'auteur et du texte Les Fleurs du Mal, recueil de poèmes écrit par Charles Baudelaire, poète, critique d'art, journaliste et traducteur français du XIXe siècle, publié en 1857. Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? La fenêtre semble ici comme investie d’une personnalité. Baudelaire : Les Fleurs du Mal : Le Cygne (II) (Etude linéaire) Introduction: Ce poème est une dédicace à Victor Hugo, qui était à l'époque exilé à Gurnesey en 1860.. 1ère strophe: Le poète évoque le Paris qui change.Il se réfugie dans ses souvenirs et dans ses créations. Baudelaire consacre un de ses poème du recueil Le Spleen de Paris, dans la section « Tableau parisien » à un objet architectural familier aux multiples déclinaisons esthétiques ou fonctionnelles : la fenêtre qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne puisqu’elle est source de luminosité, de visibilité, de communication, en même temps que frontière entre deux espaces mitoyens souvent antithétiques. La fenêtre ouvre sur un espace autre donné à contempler ou à imaginer. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Le mot « trou », malgré son apparente banalité et son rendu peu joli, offre une multiplicité d’associations, négatives. Un « objet », une vitre en l’occurrence, soit ce qui permet de voir au-travers de, se pare d’autres intentions plus proches de la psyché. Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. Il s’agit, comme dans un jeu poétique, d’imaginer les pensées de l’autre. Le mouvement derrière la vitre, est, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. « [vivre] » puis « [souffrir] » sont des verbes à forte connotation émotive, ce sont deux réalités de l’être humain également, des composants inhérents à la vie de l’homme. Les Fenêtres par Stéphane Mallarmé - Duration: 4 ... Baudelaire, Les Fleurs du Mal - À une Passante (Commentaire analyse linéaire) - Duration: 15:46. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », le mouvement intérieur, en métaphore, peut-être, de l’inconscient, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. Elle représente une assise mais également une énergie de vie, une force qui pousse vers la création plutôt que la mort, même si cette création, en s’inspirant du réel, rencontre la fin. Car le poète va aussitôt, et dans la même phrase, entreprendre de nous la décrire, physiquement d’abord, par l’ajout de deux adjectifs successifs, « mûre », qui se précise encore « ridée déjà », comme si le premier adjectif ne suffisait pas à rendre compte tout à fait de l’âge de la personne, puis socialement, « pauvre », où il dérive vers une interprétation de la situation, de l’observation et de ce dont il rend compte. The Abyss. Le regard du poète, posé sur cette vitre, s’en échappe pour investir le lieu et le temps alentours en les liant à l’objet de son attention. Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. ne jamais sortir des Nombres et des Êtres! Unique, elle permet le regard, le rapprochement, le poème. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. • Baudelaire, “L’invitation au voyage” (1857, p. 52-4). Il énonce de fait un paradoxe, en affirmant un point de vue singulier puisqu’un regard externe comme l’indique la locution prépositionnelle « du dehors », permet de traverser l’opacité d’une fenêtre et d’offrir une vision plus sûrement que ne le permettrait une fenêtre ouverte. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. La traversée du verre représente celle de l’ouverture vers l’autre. Néant, nous l’avons dit, mais également gouffre, et mort. Puis le « geste », commun et singulier, « geste » qui accomplit et s’avère indispensable à l’humain, geste qui constitue aussi la personne dans ce qu’elle est, une gestuelle donc qui révèle, apprend, dévoile la personne qui la déploie. La contradiction notée, entre « ténébreux » et « éblouissant », renforce cette impression puisqu’il s’agirait ici d’établir une nuance entre deux attitudes possibles, deux attitudes humaines, donc, qui élargissent le champ des comportements. Il va même au-delà, en  proposant une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique, qui définit la nature et le rôle du poète : c'est un créateur de "légendes", qui prend en charge la misère du monde. C’est pourquoi les fenêtres sont très apprécié des peintres comme Vermeer avec « La Liseuse à la fenêtre » ou Rembrandt avec « Fillette à la fenêtre ». L’amorce et la structure syntaxique de la phrase soutiennent cette comparaison puisque le « on » général est utilisé, le déterminant « ce » semblant contenir moins de valeur lorsqu’il est accolé à un déterminant plus englobant, si nous le jugeons à la faveur de l’autre déterminant de même nature, « ce qui se passe ». Prepare the analysi Le regard dérive ce positionnement de l’intérieur vers l’extérieur puisque ce qui est observé « au soleil », sans délimitation stricte, sous un soleil quelconque et dans sa globalité éclairante, s’affine par le prisme du verre, « une vitre », avec déterminant défini, qui recentre l’attention en même temps qu’elle la dirige. Le sujet, dans les deux sens du terme, importe alors peu, il ne s’agit que de revenir vers soi, de s’instituer porteur du poème, de la poésie, de l’émotion : Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément. Notons qu’il peut être curieux d’apposer dans la même phrase « la légende » à la « [vérité] », en une proximité presque oxymorique. Néant, nous l’avons dit, mais également gouffre, aspiration et mort. Baudelaire y décrit sa descente aux enfers et son tiraillement entre le spleen et l’Idéal, le sublime et le sordide. Le reflet du miroir est aussi symbole de vie (les toits derrière, les autres vies, devant une vie). Lisez ce Archives du BAC Analyse sectorielle et plus de 247 000 autres dissertation. Si l’imagination du regard extérieur, regard à prendre dans les deux sens du terme, est ici mise en question, elle s’accentue également par la structure d’intensité en gradation « ne voit jamais autant de choses ». Et de revenir sur la poésie, sur ce qu’elle représente, au-delà du lecteur, pour le poète. We use cookies to make our website work more efficiently, to provide you with more personalised services or advertising to you, and to analyse traffic on our website. L’adresse à l’autre se double en effet d’une empathie, d’un mouvement d’émotions passant du lecteur au poète et du poète au lecteur, nous l’avons mentionné, que nous retrouvons dans cette phrase qui précise par quelle charge affective ce mouvement se conçoit. Explication de texte : « Les Fenêtres » Baudelaire Intro : A partir du XIXe siècle, la poésie s'intéresse aux objets. Ces adjectifs réfèrent en effet à des qualités humaines plus qu’à la solidité ou l’utilité d’un matériau. Le poète nous délivre ici une possible définition de la poésie, dans le mouvement empathique, l’inspiration par l’autre, et la naissance d’une voix qui poétise, reprend, anticipe et ressent. (4) “Les fenêtres” by Guillaume Apollinaire in Calligrammes (1913-1916), 1918. The definitive online edition of this masterpiece of French literature, Fleursdumal.org contains every poem of each edition of Les Fleurs du mal, together with multiple English translations.